résumé spectacle théâtre
2010

enregistré au Théâtre du Lucernaire - Paris
durée : 4 min
format : 16/9 - Couleur - HD

  • Monsieur Karl Marx, né en 1818, décédé en 1883, a enfin obtenu une autorisation spéciale du paradis... Revenir sur Terre, une heure pas plus, afin de donner une ultime leçon de philosophie...

Howard Zinn, historien, s'en explique : « Je voulais montrer un Marx furieux que ses conceptions aient été déformées jusqu'à être identifiées aux cruautés staliniennes [...]. Montrer que la critique marxiste du capitalisme reste fondamentalement vraie. » 

Les quelques vérités qu'il énonce résonnent étrangement aujourd'hui. La guerre pour soutenir l'industrie, pour rendre les gens tellement fous de patriotisme qu'ils en oublient leur misère. Des fanatiques religieux pour promettre aux masses que Jésus va revenir ».

  • Je connais Jésus. Il n'est pas prêt de revenir... Vous vous demandez sans doute comment je suis arrivé jusqu'ici ? Les transports en commun ! J'ai lu vos journaux. Ils proclament tous que mes idées sont mortes ! Mais il n'y a là rien de nouveau. Ces clowns le répètent depuis plus d'un siècle. J'ai vu les luxueuses publicités dans vos magazines et sur vos écrans. Vous voyez tant de choses et vous en savez si peu. Personne ne lit-il l'Histoire ? Quel genre de merde enseigne-t-on dans les écoles par les temps qui courent ?

Karl Marx, le retour est une farce. Truculente. Truffée de bons mots et de bonnes idées irréductibles, comme antidote à la résignation. Un joyeux monologue où le père du Capital devient personnage de fiction. Il se raconte sans s'essouffler. Et tout y passe, sa famille, l'exil, la dèche, l'amitié, ses engueulades avec ce pique-assiette de Bakounine, la Commune de Paris, la folie de croire aux lendemains qui chantent :

  • J'avais tort en 1848, quand je pensais que le capitalisme était sur le déclin. Mon calcul était un peu en avance. Peut-être de deux cents ans... 

Avec un vrai talent de dialoguiste, l'historien donne chair à son personnage. Humour et politique font ici bon ménage. Et même déménagent.

Émile Salvador ramène la figure statufiée de Marx à sa dimension d'homme presque bourgeois ordinaire, avec ses petits égoïsmes, ses excès, ses incompréhensions et son détachement des difficultés matérielles, parfois touchant et par moments irritant. Un coup de projecteur sur la substance originelle du marxisme, qui propose une réflexion, si nécessaire aujourd'hui, non pas sur l'utopie mais sur la réalité possible d'une société socialiste alors que le capitalisme dévore notre planète.

texte original
Howard Zinn
traduction de Thierry Discepolo
 - Editions Agone

réalisation - image - montage
Gilles Trinques

avec
Emile Salvador

mise en scène
Christian Fregnet

production
Cie Archipel