long métrage fiction
en recherche de production

  • genre : individuation
  • durée : 100 min.
  • tags : renaissance, émancipation, lien avec le vivant, écologie.
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  • remerciements à Yann Boudaud pour son aide.

« On tire sur qui alors ? »
 
                         
John Ford - Les raisins de la colère - 1940

  • Un matin en Haute Loire dans une petite ferme en faillite, Olivier abat deux de ses vaches.
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  • Epuisé, prisonnier d’un modèle économique qui lui échappe, Il va devoir s’arrêter, choisir, comprendre ce qui l’a conduit dans l’impasse. Il va apprendre à se relier à ses émotions, à la nature, à son territoire, aux autres : le monde existe, il est là, passionnant, vivant et complexe...

intentions
L’idée du film part de la difficulté, sinon l’incapacité que nous avons de résister, de choisir. Toujours réticents à nous relier aux autres, effrayés de désobéir, de porter un regard critique sur le monde et sur nous-mêmes.

Comment dépasser ce syndrome d’impuissance, comment résoudre la difficulté que nous avons de relier le sens et nos actes ? Alors que les savoirs et les compétences se désintègrent, que les logiques de management disqualifient les métiers, saccagent l'expérience, comment mettre du sens dans nos vies ?

Depuis mon enfance à la ferme chez ma grand-mère, jusqu’à mes années d’ouvrier agricole, j’ai toujours eu un rapport organique au monde paysan. J’y ai observé et appris l’asservissement au devoir et au travail. J’y ai découvert notre vision utilitariste de la nature et là comme ailleurs, notre désinvolture, notre peur et notre incapacité à imaginer, à nous représenter le monde autrement.

Jusqu’à ce matin de novembre où il abat deux de ses vaches, Olivier est un paysan en situation d’urgence, acculé au burn-out, enfermé sans le moindre regard critique dans une logique économique qui le mène à sa perte. Il a cessé de se poser la question du sens de ses actes, livré corps et âme aux appétits illimités du monde marchand. Comme si ses valeurs essentielles, humaines, étaient périmées, impraticables. Il a beau s’appliquer, reproduire ce qu’il a appris de son père – le modèle agricole intensif – il voit bien que ça ne marche pas, que ça ne fait pas de lui une personne. Le déni plutôt que la révolte. Il est devenu un être jetable, remplaçable.

Les pratiques et les valeurs qui ont animé ses parents sont pourtant plus que jamais d’actualité. Elles sont d’une modernité criante. Désastreuses. Olivier est pris au cœur de cette contradiction. Il est à la recherche d’une issue, d’un acte de création. Son geste est un acte de naissance.

Je veux filmer cette quête. Donner une forme à sa colère, à sa dérive animale, au doute, à la solitude qu’il s’impose pour nourrir un autre imaginaire. Pour s’individuer, il va devoir faire l’apprentissage du réel, de sa relation à l’autre, mettre à l’épreuve son lien avec le vivant, sortir de sa prison intérieure, trouver en lui la volonté de construire l’hypothèse de son propre destin. Et s’y tenir, sans se soumettre.

Pour raconter cette histoire, il fallait impérativement partir du traumatisme, de la catastrophe, sortir du constat sinistre d'une condition paysanne sans issue, essayer d'ouvrir le chemin d'une libération, d'une prise de conscience. Faire un cinéma du relèvement, du réveil, qui remet le désir à l’endroit, un cinéma sur l’expérience de la conquête de soi face à la violence, la puissance et l’avidité de l’injonction libérale.

Et tenter d'interroger les effets de cet ordre moral sur l'Homme aujourd’hui, narcissique, sans âme ni philosophie, conformiste par adhésion, privé de sa singularité ou plus précisément de son « irremplaçabilité ».

soutiens

  • CNC - Aide à la réécriture
  • consultants :
    • Alexandra Badéa
    • Nadja Dumouchel
    • Prosper Hillairet
    • Pascale Nandillon
  • LA SELECTION - Talents 2016 - Fondation GAN pour le cinéma - Groupe Ouest
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  • FESTIVAL ATMOSPHERE - sélection 2019 
    Emergence de nouveaux récits pour le XXIème siècle